Vous pensiez que Dunkerque n'était qu'une ville industrielle et portuaire ? Détrompez-vous. Entre le port de plaisance et la plage de Malo-les-Bains, posé au milieu des dunes de sable et de l'herbe à éléphant, le LAAC (Lieu d'Art et Action Contemporaine) ressemble à un vaisseau spatial en briques et en verre qui aurait atterri par erreur sur la côte d'Opale. On vous dit pourquoi c'est un arrêt indispensable.
Un ovni architectural au milieu des polders
Le LAAC a été conçu à la fin des années 1970 et inauguré en 1982. L'idée de l'époque était ambitieuse : créer un centre d'art moderne et contemporain qui soit directement accessible aux habitants, loin du formalisme des musées parisiens. L'architecte Jean Willerval a dessiné ce bâtiment aux formes géométriques étonnantes, habillé de carreaux de faïence blanche qui captent la lumière si particulière de la mer du Nord.
Ce qui frappe d'abord, c'est l'insertion du musée dans son paysage. Le bâtiment n'a pas été posé là de manière agressive. Il a été sculpté pour faire corps avec les dunes et l'eau. Il est entouré d'un jardin de sculptures très réussi, parsemé de plans d'eau où se reflètent des œuvres d'Arman, d'Anthony Caro ou de César. C'est le genre d'endroit où on peut flâner gratuitement avant même d'avoir franchi la porte du musée. (Et croyez-nous, même sous la pluie, la promenade a une gueule folle).
Art cinétique et op-art : les collections secrètes
À l'intérieur, le LAAC abrite une collection remarquable de plus de 5 000 œuvres des années 1950 à nos jours. Le point fort du musée, c'est sans conteste sa collection d'art optique (op-art) et d'art cinétique. Si les noms de Victor Vasarely, de Carlos Cruz-Diez ou de Jean Tinguely vous disent quelque chose, vous allez vous régaler. Ces mouvements artistiques, basés sur l'illusion d'optique, le mouvement et la participation du spectateur, trouvent ici un écrin parfait.
« On n'est pas là pour seulement regarder des toiles, on est là pour faire l'expérience de l'art », comme l'indiquait la direction lors de la réouverture du site après rénovation. C'est ludique, c'est dynamique, et ça plaît énormément aux enfants et aux adolescents qui d'ordinaire traînent les pieds dans les musées. Les salles d'exposition temporaire proposent chaque année des accrochages thématiques audacieux, croisant art contemporain, bande dessinée et problématiques maritimes locales.
Notre verdict : pourquoi le LAAC vaut le détour
Le LAAC est souvent snobé par les guides qui ne jurent que par le LaM de Villeneuve-d'Ascq ou le Louvre-Lens. C'est une erreur. Le LAAC a une identité forte, liée à son territoire. Le fait que le musée ait été aménagé juste à côté des anciens chantiers navals et des vestiges des bunkers de la Seconde Guerre mondiale lui donne une résonance historique unique. Le contraste entre le béton des bunkers, le blanc brillant du musée et le vert des dunes est magnifique.
Le tarif d'entrée (7 €) est tout à fait raisonnable, d'autant que le musée est gratuit pour les moins de 18 ans et pour tout le monde le premier dimanche du mois. C'est l'activité parfaite à caler un après-midi de pluie. Il a plu. Normal. On est dans le Nord. Mais au moins, au LAAC, vous serez au sec et vous en prendrez plein les yeux.
Infos pratiques
Adresse
302 Avenue des Bordées, 59140 Dunkerque
(À côté du port de plaisance de Malo)
Horaires
Lundi au dimanche : 10h–18h
Fermé le mardi
Tarifs
Plein tarif : 7 € · Tarif réduit : 4 €
Gratuit pour les moins de 18 ans
Accès
Bus DK'Bus ligne C3 ou C4 (arrêt LAAC)
Parking gratuit à proximité
Que faire après votre visite ?
Une fois sorti du LAAC, vous êtes à deux pas de la plage de Malo-les-Bains. On vous conseille de marcher le long du canal des fortifications jusqu'à la digue de Mer pour aller manger une gaufre chez *Aux Délices de Malo*. Si vous préférez rester dans l'ambiance portuaire, dirigez-vous vers le Musée Portuaire de Dunkerque pour une plongée complémentaire dans l'histoire des dockers et des corsaires du Roi.