C'est le plus vieux bâtiment de Dunkerque. Elle a vu passer l'histoire maritime de la Flandre depuis 1450. La Tour du Leughenaer (prononcer *Leug-nar*) est une tour octogonale en brique rouge qui servait de phare et de poste d'observation. On vous raconte l'origine de son drôle de nom de « tour menteuse ».
Pourquoi la « tour menteuse » ?
Le mot flamand *Leughenaer* signifie littéralement « menteur ». L'origine de cette appellation fait l'objet de plusieurs légendes locales. La plus célèbre raconte que les gardiens de la tour y allumaient de faux feux de signalisation pour tromper les navires ennemis (ou marchands) et les faire s'échouer sur les bancs de sable côtiers très dangereux, permettant ainsi aux corsaires de piller la cargaison.
Une autre explication plus historique et pragmatique suggère que le phare de la tour était notoirement instable et s'éteignait souvent sous les coups de vent de la mer du Nord, induisant ainsi en erreur les marins qui cherchaient l'entrée du chenal. Quoi qu'il en soit, le nom est resté et donne à ce monument un mystère sympathique.
De la tour de guet au phare portuaire
La tour a été construite vers 1450 dans le cadre des fortifications espagnoles de la ville. C'est l'un des rares vestiges des remparts médiévaux d'origine. En 1814, la tour est rehaussée d'une rotonde en bois et d'une lanterne pour servir de phare officiel au port de Dunkerque, rôle qu'elle tiendra jusqu'à la construction du grand phare rouge et blanc du Minck en 1843.
Aujourd'hui, la tour ne se visite pas de l'intérieur (les marches en bois et la structure sont trop fragiles pour accueillir du public), mais elle constitue un superbe point de repère visuel lors d'une promenade le long du bassin de la Citadelle, juste à côté du Musée Portuaire. Prenez le temps d'observer sa forme octogonale en briques de Flandre et imaginez les corsaires de Jean Bart embarquer sous son ombre au XVIIe siècle.